Oasis de paix !

Le Royaume Hachémite de Jordanie est un petit pays coincé entre la mer morte et la mer rouge.
Petit, en étendue, 89 210 Km2, mais grand en richesse.Terre biblique, lieu de passage ancestral des caravanes reliant l'Afrique à l'Asie, où depuis des millénaires se sont succédées plusieurs civilisations.Toutes convoitaient cette terre de passage des plus grandes routes caravanières : Egyptiens, Hébreux, Assyriens, Babyloniens, Perses, Grecs, Nabatéens, Romains, Byzantins, Omeyyades, Ottomans.
Nous décidons de passer 2 semaines et demi sur cette terre de brassage, où s'épanouit la civilisation islamique, pays des bédouins qui combattirent au coté de Lawrence d'Arabie pour la création d'une unique et utopique nation arabe....
Après une nuit au F1 de Roissy, départ 13h00 de l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle par un vol de la Air Royal Jordanian.
Vol sur un Airbus 310, accueil et repas super, avion nickel....
Airbus de la Royale Air Jordanie sur l'aéroport Queen Alia en Jordanie
Arrivée à l'aéroport Queen Alia, prés de Amman, Visas payés en deux minutes en sortant de l'avion et change avant de passer la douane au taux en vigueur... le voyage commence très bien.
On récupère notre voiture chez Hertz, la voiture louée, petite chevrolet classe A n'est plus en stock, remplacée avantageusement par une C4 sans supplément de prix.
Direction Madaba où nous avions réservé depuis la France notre premier Hôtel.
Après avoir tourné une bonne heure autour du centre ville, nous voici bien perdu, il est 21h mais assez de monde dans les rues, malgré la nuit, pour nous indiquer notre chemin.
Après les indications, plus avec les mains, de jeunes travaillant devant un magasin d'autoradio, nous voici à 21h30 au Mariam Hôtel.
On nous prépare un repas composé d'une assiette de mezzé et de kébab et apprécions notre premier repas sur le sol jordanien avant de nous lancer dans notre périple....

Vue de MADABA, du Mariam Hôtel.
Après un petit déjeuner à l'anglo-saxon, direction la mer morte, avec une certaine appréhension pour notre C4 toute neuve, dans différents forums, on ne vantait pas
l'état des routes jordaniennes.


Le sud de la mer morte.Sur la route 65, qui longe Israël, depuis les accords de paix de 1994, plusieurs "Check point", où l'on nous accueille, malgré les autos-mitrailleuses, par des "Welcome to Jordania".

Camp de bédouins, au bord de la mer morte.

On remonte sur AL KARAK, vue sur les salins, tout au sud de la mer morte.

Notre C4, qui n'a pas souffert des routes, elles sont pratiquement toutes refaites, mais de la chaleur, 37°C en Octobre sur la mer morte, et des montées, parfois plus de 20 litres d'essence au 100, en consommation instantanée.....mais on est pas gêné par la circulation.

Dernière vue sur la mer morte de la route 50, direction AL KARAK. Israël dans les nuages
. Arrivée sur AL KARAK, vue sur la citadelle.
Statue de Saladin à Kérak Un peu d'histoire.... la ville était la capitale du pays de Moab,au IX° s.av J-C Kérak ou "Al Karak" portait alors, dans l'ancien testament, le nom de Qir-Hérès. Après les incursions des Assyriens au VIII° s.av J-C, le peuple moabite finit par disparaître au profit des Nabatéens. La ville perdit son importance avec les Romains, pour devenir ville florissante et siège d'un évêché à la période byzantine.
Dés 1115, Baudoin 1er, roi de Jérusalem, avait fondé la seigneurie de Montréal, dans la région de Shaubak, un peu plus au sud. Payen le Bouteiller, transféra sa résidence à Kérak en 1140, où il fit construire la forteresse.
Elle échut à Renaud de Châtillon en 1177.
Elle fut au centre du duel entre Renaud de Châtillon, croisé sans foi ni loi et Saladin, rassembleur des musulmans et grand pourfendeur de chrétiens.
Par deux fois assiégée par Saladin, elle résista, il suffisait d'allumer un immense feu sur la plus haute tour de citadelle pour prévenir l'armée du roi de Jérusalem.

Une autre vue de la citadelle montrant le glacis qui rendait impossible l'ascension.
Aprés AL-KARAK, Direction DANA par la "route des rois" ou "route du roi".Cet axe reliait Aqaba à Damas et empruntait les traces d'une route caravanière.Voie ancestrale, on la mentionne dans la bible, quand Moïse après la longue traversée du Sinaï, parvient au sud de l'actuelle Jordanie. Il traversera les pays d' Edom et Moab avant de mourir au Mont Nébo en contemplant la Terre Promise.
Toujours ce paysage très minéral, avec au
fond les wadis, ici le wadi al-Hasa. En bas les habitations bédouines avec quelques champs cultivés.
Toujours sur la
route des rois, trés fréquentée !!! on peut s'arrêter pour faire traverser une grand-mère... ou bien une famille de
caprins.

Encore ces paysages lunaires...

Retenue d'eau du wadi al-Hasa
Malgré l'absence de véhicule, toujours des
indications à chaque croisement, on peut aussi essayer de demander son chemin à un habitant ..........

Sortant des wadis, un paysage un peu plus plat, la C4 apprécie...


On approche de DANA....
Tel est le slogan des gestionnaires du projet de la réserve de Dana.Crée en 1993 par la Société Royale pour la Conservation de la nature (RSCN), elle compense les restrictions imposées aux populations locales par des activités liées à l'écotourisme, hébergement ou vente de produits locaux.

Coucher de soleil sur le Wadi Araba vue du village de Dana.
Petit habitant du village.

Vautour de Dana, il fait parti des 300 espèces animales de la réserve.

Fringille du Sinaï.


Différentes vues de Dana



Crocus jaune.
On quitte Dana, direction Pétra toujours par la route du Roi.
L'arrivée à
Pétra, appelée Raqmu" la Bariolée" en sémitique ancien se fait par la route qui descend vers Wadi Musa, la localité qui jouxte le site. En vue du chaos rocheux, on comprend mieux comment
le site de Pétra a pu se protéger plus de 700 ans contre les invasions et être oublié jusqu'en 1809 quand Johann Ludwig Burckhardt, déguisé en bédouin, redécouvre la cité où nul
Occidental n'avait mis les pieds depuis les croisés.L'entrée se trouve au bout du "Siq", spectaculaire gorge creusée entre les hautes falaises de grès, pour découvrir la façade du Khazneh (le trésor), vedette du cinéma, depuis qu' Indianna Jones y trouve le Saint-Graal.

Le Khazneh, à contempler soit tôt le matin ou tard le soir, pour éviter la foule !


Pétra la "Bariolée" lui va si bien.


Deux gardiens du Khazneh

Après le Khazneh, on trouve la ville basse et ses tombes royales....cité caravanière, Pétra rassemblait les marchands nabatéens, nomades d'origine, la ville était peu développée, c'était surtout une immense nécropole, elle le restera jusqu'à la domination romaine.


Après les tombes royales, nous arrivons sur la partie romaine......

Malheureusement, plusieurs séismes ont dégradé les parties romaines, et ne laissent plus trop voir le faste des Antonins (II° s.)


Après la partie romaine, on peut aller au monastère " Ed Deir", 788 marches, environ 1 heure de montée. Imposant édifice de 45m de haut et 50m de large, taillé dans le grès jaune de la montagne, il est par sa conservation et son isolement, un des plus beau monument de Pétra.
Après deux jours complets à crapahuter sur le site, nous nous dirigeons sur Aqaba et ses eaux limpides....pas en taxi, jaune, ceux de Pétra, mais
toujours avec notre C4.Quatrième Etape : PETRA - AQABA.
Nous continuons vers le Sud, par la route du roi qui débouche sur l'autoroute du désert. Attention pour la circulation, cela n'est plus la même chose. Toutes
les voitures, camions de Jordanie et des environs, se sont donnés rendez vous sur cette autoroute.Aqaba, face à Eilat en Israël, est un port franc sur la mer Rouge, et aussi la seule station balnéaire de la Jordanie.

Pour profiter d'une eau
claire, riche en faune et flore, c'est le long de la côte sud en direction de l'Arabie Saoudite, qu'il faut aller. Nous avons choisi le Royal Diving Club.Belle plage avec piscine, pour ceux qui préfère l'eau en boite, elle se situe en bordure du parc marin. Le roi Hussein ,fan de plongée avait crée ce club, ainsi que le parc marin.
Pour protéger les coraux situés en face de la plage, un ponton a été aménagé......après avoir mis les palmes et le masque, c'est féerique à 50m de la plage !

Départ pour une plongée sur "l'aquarium".

Poissons clowns

Vue de l'hôtel, en face Eilat en Israël.
Le Wadi Rum est un espace protégé de 720 km2, sous l'égide
société pour la
conservation de la nature (RSCN).
Passer en Jordanie sans faire un tour par le Wadi Rum, c'est comme ignorer Pétra.
Les même nuances de couleurs, avec en plus l'immensité du désert : massifs de grès rouge et de granit surgis de terre il y a 30 millions d'années, falaises abruptes qui dépassent les 1700 mètres et qui s'enflamment au soleil couchant......mais place aux photos!

Nuances de couleurs au Wadi Rum.

Les camps du village de Diseh.


Voie ferrée des mines de potasses du Rum.

Loin de la mer, le delphino a chaud !

Le désert le matin, au loin l'aqueduc du Wadi Rum, qui alimente toute la région en puisant dans une nappe fossile.....pour combien de temps !
On quitte Aqaba, pour remonter au
Nord par la route du Wadi Araba, route tracée au cordeau dans le Wadi, elle permet d'éviter les montagnes de Pétra, de longer la réserve de Dana avant d'arriver par le Sud de la
mer morte.Sur cette route se trouve le sanctuaire de Loth, grotte qui abrita Loth et ses filles après la destruction de Sodome et Gomorrhe, 2000 av. J.C. Les deux filles de Loth
donneront naissances chacune à un fils, ancêtre des Moabites pour l'une et des Ammonites pour l'autre.
Le sanctuaire de Loth, découvert grâce à la fameuse carte en mosaïque de la Palestine située à l'intérieur de l'église Saint Georges à Madaba.

Un petit détour par la Wadi Mujid, qui marque l'entrée dans l'ancien pays des Moabites.
En bas l' Arnon biblique (l'actuel Wadi Mujid), frontière naturelle entre le pays d'Ammon au Nord et celui de Moab au Sud.

Une petite pose pour un thé bédouin, face au Wadi Mujid.
Le thé est infusé avec de la sauge, de la cannelle et de la cardamome.

Le soir, arrivée sur la mer morte.

Un peu de confort après la route.....éclairée au fond, derrière la mer morte, Jérusalem.

La mer morte démontée......eh oui, c'est possible. Pour lire le journal dans l'eau, pas évidant.
Trois novembre, la température
s'est rafraichie, on inverse la fin de notre périple et profitons d'une journée pluvieuse pour aller dans le désert, direction
l'Arabie Saoudite.Le nord de la Jordanie est beaucoup peuplé, les routes très fréquentées, les paysages plus plats.......peut-être la nostalgie d'une fin de voyage.
Qasr Amra, petite résidence du calife Omeyyades WAlid I, construite entre 707 et 715. Célèbre pour ses fresques, découvertes en 1898 par l'archéologue autrichien Aloïs Musil, qui ornaient la totalité des murs.

Le désert......

Qasr el Azraq, le plus ancien des châteaux du désert, dresse ses murailles non loin d'une oasis en sursis.
Toujours dans le nord de la Jordanie à coté de la ville ottomane d'Umm Qais, se trouve Gadara, décor sublime de pierres basaltiques avec vue sur la vallée
du Yarmouk, le lac Tibériade, et plus au sud la vallée du Jourdain. Elle faisait partie de la Décapole, comme Jérash, Philadelphia (Amman) ou Pella, toutes en Jordanie
actuelle.C'est vers le 1 ier s. av. J.-C. que 10 cités se regroupèrent sous le nom de Décapole,cette association de cités libres, faisait contre-poids aux royaumes qui se disputaient alors la région, Séleucides, Ptolémées d'Egypte et Nabatéens.

Vue de la terrasse de la Resthouse sur le site de Gadara.

Marbre et Basalte composaient la cité antique de Gadara.

On rentre à Mabada par la frontière stratégique de la vallée du Jourdain, beaucoup de "Check point", mais toujours les Welcome to Jordan, un peu plus tendu que dans le sud.....il faut dire que les frontières de Cisjordanie, d'Israël et de la Syrie sont trés proches.
Un petit dernier taxi pour la fin, il est de Madaba.Je ne pourrait finir sans vous parler de la gentillesse du peuple jordanien et de sa tolérance...mais quelques photos valent mieux qu'un grand discours.




On finira
par un café et ....

quelques achats, comme la mosaïque de Madaba.....
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Lambis ou "7 doigts", ramassé et aussitôt relaché dans le lagon
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